« La sorcellerie, c’est surtout une histoire de violence physique et sociale, de détresses et de constructions criminelles », explique Maxime Gelly-Perbellini, doctorant en histoire médiévale. Une histoire dont les principales victimes furent… des femmes. […]
Nul besoin de faire la preuve du sortilège qui avait été jeté, une mauvaise réputation, la connaissance de l’art de la guérison par les plantes ou la mort subite de quelques vaches chez un voisin suffisaient à condamner les femmes.
Une condamnation qui était le fait d’hommes, la profession de magistrat n’étant pas mixte à l’époque. « Les magistrats et les inquisiteurs tiraient d’ailleurs parfois profit des condamnations, puisqu’ils prenaient les biens de celles qu’ils désignaient comme sorcières », souligne Armelle Le Bras-Chopard, professeure émérite à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Car, loin de l’image de la femme pauvre, vieille et au proverbial nez crochu, les sorcières traitées devant les tribunaux pouvaient être « jeunes et riches, notamment des artisanes ou des commerçantes, bien intégrées en ville », souligne Mme Le Bras-Chopard.
Coupable de tous les maux au Moyen Age, la sorcière est devenue, selon une relecture féministe de l’histoire médiévale, une victime emblématique des violences faites aux femmes – et du système patriarcal dans son ensemble.
Le Monde / Big Browser : le retour en grâce de la sorcière nouvelle figure du féminisme, [Blog en ligne] / Publié le 01 novembre 2018 à 09h11.
Cette bibliographie offre un regard sur l’histoire sociale et politique de la sorcière, le féminisme dans ces aspects historiques et sociaux ainsi qu’une introduction à la question des femmes artistes et de leur engagement dans la lutte contre les inégalités.